dimanche 27 juillet 2014

Aller à l'essentiel




À l’heure où tout est compté, où chaque minute s’avère essentielle et que la productivité dicte nos règles, aller à l’essentiel quand on est manager devient plus qu’une nécessité mais une obligation.

Manager aujourd’hui relève d’un défi personnel. Il s’agit de devoir prendre sans cesse de nouvelles décisions, de faire des choix, de trancher, d’agir vite, et surtout de répondre présent. Dans un contexte où le commerce n’attend pas, la réactivité des managers est le témoin de leur compétence. De là à dire qu’un manager débordé est un mauvais manager il n’y a qu’un pas.

Car disons-le clairement, face à l’abondance d’activité, le métier de manager devient de plus en plus complexe. Clés de voûte des enseignes, ils assurent la variable quand en bas ça ne va pas, et rendent des comptes quand plus haut ils cherchent des solutions. 

Faire des choix donc. Mais lesquelles ? 
_ Il y a les choix qui requièrent du temps important sur le court terme, mais qui vous en font gagner énormément sur le long terme ;
_ Inversement, il y a celui qui vous libère du temps crucial mais qui n’a en définitive aucun impact à moyen ou long terme ;
_ Celui qui permet d’éteindre un incendie à court terme, mais qui reporte certains de vos dossiers à régler ;
_ Celui qui vous fait prendre des risques sur le comportement de vos équipes , car oui on ne joue pas les Hommes comme avec les chiffres ; et encore d’autres…

Face à autant de choix, il faut souvent trancher. Quel est celui qui impactera le moins mon emploi du temps ? Quel est celui qui me fera avancer personnellement et quel est celui qui fera progresser le centre de profit que j’ai à charge ? Terrible défi.

C’est pourquoi, il convient à chaque manager moderne de définir ses grandes priorités, de savoir où aller et d’épargner les choix secondaires. Pour agir vite, il faut aller à l’essentiel.

Peut-être bien plus qu’un art, c’est une véritable thérapie qui nécessite un sens entier de l’effort et de l’organisation. Exit dès lors les superflus, place aux décisions, non pas les plus importantes, mais les plus intelligentes.

dimanche 20 juillet 2014

Pages Facebook : engagement désintéressé ou réelle volonté ?




Inspiré par les réseaux sociaux et considérant qu’il s’agisse encore aujourd’hui d’un canal média indissociable des autres, j’ai entrepris une analyse portant sur les pages Facebook des enseignes de la distribution alimentaire. Longtemps boudées, ces dernières se doivent de se doter d’une meilleure stratégie pour s’afficher sur les écrans des consommateurs, là où d’autres marques sont omniprésentes.

Effet coupe du monde oblige, les réseaux sociaux dont Facebook - et Twitter également - ont été le terrain de jeu privilégié pour de nombreux supporters et l’occasion certaine pour les community managers de recruter de nouveaux abonnés. Encore faut-il toutefois un zeste de réactivité et de connaissance web pour aller les chercher. L'évènement mondial était une excellente opportunité pour voir si les enseignes savaient aussi occuper le terrain... sur le web.

C’est donc à partir de plusieurs critères que l’analyse se construit :
  • Performance : aspect chiffré établi autour de 3 pôles (taux d’engagement, PTAT « People talk about this » - traduisez la portée -, et le nombre d’abonnés à la page) ;
  • Infos : apparition d’éléments de base d’une page pour développer son attractivité ;
  • Post : aspect qualitatif des publications des community managers ;
  • Buzz : capacité des pages à déclencher du buzz.
L’analyse s’établit sur les 14 principales pages des 7 enseignes leaders de la distribution alimentaire en France. Certaines enseignes regroupent, en fonction des stratégies choisies, différentes pages : comme E.Leclerc avec Nettoyons la nature ou encore avec Intermarché avec « vive les bébés » et « recette facile ». D’autres comme Monoprix ou Système U font le choix d’une « monopage » pour assurer leur présence sur le réseau social.

Analyse.

* Performance

Au jeu du plus grand nombre de fans, c’est Intermarché et sa page annexe « Recette facile » qui s’installe sur la première marche du podium, suivi de près par Monoprix et la seconde page annexe d’Intermarché « vive les bébés ». Des pages qui doivent leur succès au ton contre-commercial qu’elles diffusent. Derrière ces pages il y a une réelle volonté chez les consonautes de s’identifier à des valeurs plus qu’à une enseigne. Ceci explique aussi l’engouement porté par la page Nettoyons la Nature. En fin de classement, Système U peine à dépasser les 100000 fans et Carrefour Drive n’est guère plus performant.

Parallèlement, on dispose de 2 éléments pour jauger de l’efficacité de chaque page : le taux d’engagement et le PTAT. Le premier correspond au pourcentage de fans ayant interagi avec la page. Seules les likes, les commentaires et les partages sont comptabilisés dans l’analyse. Les clics ne sont en effet pas rendus publics. Le second élément, le PTAT - autrement dit la portée - correspond au nombre de personne qui ont interagi avec la page sur les 7 derniers jours. Période de coupe du monde oblige, il est intéressant d’annoter l’efficacité de chacune des pages.

Le taux d’engagement moyen du marché avoisine les 3,4%. À en juger les chiffres, force est de constater que les enseignes sont à la traîne ! AuchanDrive affiche un joli résultat (5,18%) ; Recette facile (3,68%) et Monoprix (2,69%) s’en sortent, alors que les concurrents sont bien loin derrière. Ces chiffres sont en étroite corrélation puisque ces « bons élèves » sont également ceux qui ont la meilleure portée. Vérifiez par vous-mêmes dans le tableau de résultats présenté plus-bas.

* Info

Sans faire de grand discours, 2 éléments sont à notifier : 
  • les Milestones : symbolisés par des drapeaux, ces étapes - ou jalons - constituent un outil proposé par Facebook pour mettre en avant des actualités importantes. Leur utilisation s’avère nécessaire afin de mettre en lumière des informations essentielles et témoigne de l’optimisation de chaque page.
  • Les pages likés : pour être suivi et obtenir de la visibilité, il faut liker ! C’est une notion essentielle pour espérer être affiché sur d’autres pages, créer du lien, et surtout pour cibler de nouveaux fans. 
L’utilisation de ces deux outils semble négligée. 6 des 14 pages les utilise.

* Post 

Le pôle le plus intéressant. Réussir sur les réseaux sociaux nécessite une stratégie basée sur la qualité des contenus. La réussite d’un post est piloté par plusieurs vecteurs :
  • le nombre de posts publiés par jour ;
  • l’interaction par post ;
  • la variété des contenus ;
  • le timing choisi ;
  • la longueur des posts ;
  • et l’utilisation des hashtag.
Reporting à l’appui, les posts sont trop irréguliers, presque trop rares, trop redondants, et surtout, ils ne ciblaient pas de manière optimale leur auditeurs. En moyenne, les enseignes publient moins d’un post par jour ! Avec les nouvelles règles dictées par l’EdgeRank - seul 10% des abonnés voient apparaître une publication dans leur Timeline - difficile de s’attirer une visibilité. De plus, pas de hashtag utilisés, des posts souvent au-delà de 100 caractères, des posts peu variés (souvent des photos), le mystère plane autour  des pages d’enseignes. Quid de leur utilisation ?

À l’heure où le 2.0. est entré dans les moeurs, la communication web semble avoir encore beaucoup de retard au sein de la grande distribution. Manque de moyens, retard culturel, difficulté à juger d’un retour sur investissement en magasin, méconnaissance… avec un tel constat, la conclusion ne peut être que peu flatteuse. 

{Rappelons en quelques chiffres que le réseau social Facebook est fort de plus d’un milliard d’inscrits à travers le monde, et qui plus est, sur lequel transitent chaque jour pas moins de 4,75 milliards de contenus.}

L’analyse fait ressortir un manque cruel d’identité : peu de stratégie de différenciation - hormis Monoprix avec le ton qui lui est habituel -, trop timide, trop frileux, pas de risque. 

Les Buzz récents devraient cependant servir d’exemple. On retiendra les Drivendales de E.Leclerc  et Monoprix qui a su jouer sur les mots et la performance des bleus.

Indéniablement, les clés du succès résident dans la différenciation : jouer sur l’actu, provoquer de l’émotion, varier son contenu tout en développant un capital sympathie… Les pistes sont nombreuses. Il revient dès lors aux community managers de dénicher les bonnes idées pour optimiser leurs pages Facebook. Affaire à suivre.  

Je vous laisse découvrir le détail de l’analyse et l’infographie avec les chiffres clés.

Cliquez ici pour agrandir l’image



mercredi 16 juillet 2014

Être manager : toute une histoire...




Réputée dure, âpre, rigoureuse pour nombre de professionnels, la grande distribution forme des profils de salariés aguerris dont les compétences vont au-delà de leur simple secteur d’activité. 

Dès le début les responsabilités acculent. On commence par gérer un rayon avec une équipe resserrée. On devient leader parfois sans en avoir l’âme. On devient expert sans avoir la connaissance produits. On apprend sur le tas. On se passionne par tout, de tout, de rien. C’est la passion du commerce et celle des Hommes qui nous animent. Les relations se font nombreuses. Les liens avec les équipes se renforcent. Votre confiance personnelle va au-delà de vos espérances. La grande distribution est un moteur, un révélateur de compétence. D’incompétence aussi dixit le principe de Peter.

Au début on gère 5 personnes. Puis rapidement ce chiffre double. Votre chiffre d’affaires à dégager, lui, est triplé. Et ça augmente encore. Vos efforts paient. Presque toujours. On gère les egos. On devient diplomate. On gère des futurs managers. On devient pédagogue. On gère des Hommes. Des Femmes. On devient psychologue. On gère des problèmes dont on n’apprend la teneur sur les bancs de l’école. On partage son expérience. On devient blogueur. La générosité d’un manager réside aussi dans ces moments-là. Répondre présent. Se dégager du temps sans en avoir.

Puis les premiers essoufflements arrivent. On sort la tête de l’eau pour respirer. Se ressourcer. Être manager est un job à temps plein. Si manager n’est pas une vocation, l’investissement en est une variable. On s’use. On s’aguerrit. On apprend. 

Et c’est souvent, après des années de bons et loyaux services, après des mois d’efforts, des années à se faire ses armes que certains d’entre eux prennent leur envol vers davantage d’autonomie et d’indépendance. L’essoufflement a eu raison d’eux. La course effrénée du commerce prend fin. On a 40 ans.

Fini dès lors les rythmes à couper le souffle. Les réveils matinaux à 4h du matin. Les journées qui n’en finissent plus. Fini de devoir constamment rendre compte. Il est temps de récolter le fruit de vos compétences. 40 ans c’est le bel âge. Travailler pour soi est devenu un objectif personnel. Presque une suite logique finalement.

Aussi harassant que cela puisse paraître, la grande distribution révèle des talents qui se construisent des âmes d’entrepreneurs et des âmes de commerçant. Ouvrir une franchise, devenir consultant, racheter un commerce : les possibilités sont nombreuses. Les plus chanceux auront l’audace d’être propriétaire d’un magasin. Ces solutions ne sont autres que le moyen de mettre en pratique les compétences acquises sur le terrain. Comme quoi tout effort paie.

Âme de leader, sens de la décision, rigoureux en gestion, sens de l’organisation, maître des chiffres, culture du résultat, endurant, eh oui les qualificatifs ne manquent pas pour décrire les profils des responsables en grande distribution. Tellement pris par le temps, ce dernier agit sur ces professionnels sans même qu’ils ne s’en aperçoivent. 

Même si les choix de carrière sont souvent dictés par les besoins des enseignes, être manager en grande distribution c’est aussi l’occasion d’écrire de belles histoires de vie et de mener de belles carrières…

À vous d’écrire la vôtre !


mercredi 9 juillet 2014

E.Leclerc ramène sa paire




On peut reprocher beaucoup de choses à la grande distribution, mais penser d’elle qu’elle n’ose pas innover et qu’elle est trop réfractaire aux nouvelles technologies serait une fausse idée. Le E.Leclerc Drive de Toulouse en est l’exemple.

C’est en effet au fief de Pascal Peyraudeau, le Monsieur Drive de E.Leclerc, qu’a lieu une expérimentation osée : les lunettes connectées de Google sont en phase de test ! Une première en France. Bien que cela tienne d’une expérimentation, un succès de ces dernières entraînerait une généralisation et l’idée serait de l’étendre à l’ensemble des Drives de l’enseigne. 

Dans l’hypothèse d’un succès, le commerce amorcera un sérieux virage dans l’ère du digital et des vendeurs connectés. Avec un tel outil, il sera à mon sens difficile de revenir en arrière. Ces lunettes s’annoncent déjà aussi révolutionnaires que le smartphone ou la tablette à leur époque. On ne pourra que saluer la performance de l’enseigne indépendante d’en détenir avant l’heure et avant tout le monde.

Toutefois derrière le coup de com’, on y trouve de réelles utilités comme la possibilité de scanner la carte de fidélité des clients et accéder aux informations de son compte personnel, visualiser ses historiques d’achats, ses habitudes, etc. Son déploiement sera pour l’enseigne un moyen efficace de se trouver un second souffle et de moderniser le retrait des commandes, là où, avec la qualité de l’offre, il y a encore des efforts à faire. Non pas que les Drives sont austères, mais la relation client n’est pas encore l’apanage des e-commerçants.

Ainsi, E.Leclerc pourrait être en mesure de distancer une nouvelle fois ses concurrents, car fort de ses 44% de parts de marché en valeur, pour seulement 20% du parc, l’enseigne verrait Auchan et Carrefour d’un oeil plus serein.

Bref. En imposant le must du digital dans ses Drives, E.Leclerc frapperait un grand coup dans l’ère du e-commerce. Un pari audacieux comme on les aime dans le secteur de la grande distribution et qui pourrait faire des émules chez les amateurs des nouvelles technologies. Un futur cadeau phare pour Noël prochain.