mardi 18 novembre 2014

La dure loi du terrain

La grande distribution peut très vite s’apparenter à un terrain miné si on ne sait pas où on met les pieds. Mais ce terrain peut aussi être un sérieux révélateur pour nombre d’entre vous - qui je sais nombreux. Il revêt plusieurs formes :

Le terrain de la remise en cause
Considérez qu’à chaque nouvelle équipe dirigée, un départ à zéro est essentiel. La grande distribution a cette faculté à faire évoluer ces managers de manière horizontale. Équipe plus grande, chiffres d’affaires plus conséquent, personnalités différentes, un bon manager doit savoir se muer en caméléon et s’adapter à toutes les situations. La grande distribution est le terrain idéal pour apprendre à se remettre en question. 

Le terrain de la connaissance, mais pas que…
Que vous soyez diplômé d’HEC ou d’écoles ingénieur, rien ne vaut l’acquisition des compétences et des connaissances terrain. Souvent influencés par leur pseudo-connaissances, les jeunes diplômés croient pouvoir concourir aux postes à plus hautes responsabilités sans être passé par la case départ. Or, la réalité est tout autre. Si les théories s’apprennent à l’école, le management, la rigueur, l’organisation s’acquièrent sur le tas. La richesse du secteur réside dans sa faculté à donner sa chance à tous : BTS, Licence, Master, qu’importe le diplôme, vos compétences sont les bienvenues. La réussite en grande distribution est d’abord conditionné par le comportement, pas toujours très catholique d’ailleurs… Les résultats ne suffisent pas toujours. Hélas.

Le terrain pour être opérationnel
La gestion d’un centre de profit en grande distribution n’a rien de complexe en soi. C’est même très concret comme métier ! Le secteur exige d’être opérationnel. Manager requiert une certaine humilité car il s’agit souvent d’accepter de devoir se mettre à hauteur de son équipe. Un manager absent du terrain risque fort de se mettre à dos son équipe.

Le terrain comme tremplin
Combien de parcours type de l’employé commençant par mettre en rayon et qui finit 20 ans plus tard patrons de son propre magasin ? Si aujourd’hui cela semble utopiste et irréaliste pour la jeune génération, la grande distribution propose de beaux parcours. Le management d’équipe est la base de tout futur dirigeant d’entreprise. Pouvoir posséder cette expérience à 25 ans est une chance. Alors, si votre Histoire avec le secteur de la distribution ne durera pas, la perspective de trouver un emploi hors de ses bases ne ressemblera en rien en une terre inconnue.

Le terrain pour être plus proche des consommateurs
Pour ceux qui aspirent à des fonctions transversales, le passage par la case magasin est essentiel. Il permet de mieux comprendre les problématiques d’un magasin et d’agir en fonction. Être sur le terrain permet également de se rapprocher des consommateurs et de déceler leurs attentes. Les paroles, les attitudes, les comportements valent autant plus que des résultats chiffrés ou des panels en tous genres. Vivre les évènements est une vraie opportunité pour la suite de votre carrière si vous souhaitez évoluer vers des fonctions sièges.

Le terrain d’egos

Enfin, aussi humain qu’est le métier de celui de manager, l’ambiance qui y règne est aussi fratricide que cruelle. La place n’est rarement réservée pour le plus compétent. Les managements sont souvent des moyens de façade pour parvenir à ses fins. Comme sur tout terrain professionnelle, la loi est rude. Chacun veut prendre la place de l’autre ce qui exige d’être très solide pour accepter de se battre. N’accepter aucun poste en distribution si vous n’êtes pas un combattant. Auquel cas vous feriez mieux de change de métier.


mercredi 12 novembre 2014

Un manager doit savoir prendre des décisions



On ne le dit jamais assez, le métier de manager réside principalement dans sa capacité à savoir prendre des décisions. Les bonnes idéalement. Le commerce, comme sûrement beaucoup d’autres secteurs d’activité, est régi par ce vecteur continu : savoir décider.

Sans pour autant faire écho au politiquement correct, cette fonction du manager est la plus importante dans un centre de profit. De la décision la plus simple à celle qui requiert des analyses plus poussées, le manager d’aujourd’hui doit savoir agir en conséquence. Qu’elles soient humaines ou financières, qu’elles nécessitent d’agir vite ou qu’elles requièrent davantage de temps, la décision fait partie du quotidien d’un manager. 

Tout comme la vie, tout est une question de choix. Ceux-ci additionnés conditionnent la qualité du compte d’exploitation du centre de profit. Pour l’avoir vécu, et pour le vivre encore, la décision parfois la plus anodine peut avoir des conséquences qui elle-même nécessitera d’autres décisions. Comprenez : le choix de telle ou telle orientation pour engendrer de nouvelles décisions. C’est le serpent qui se mord la queue. À l’inverse, une décision lourde peut aussi avoir des incidences positives sur le moyen terme. Mais à quel prix ? C’est pourquoi il est non seulement essentiel de savoir prendre les décisions, mais en plus de ça, il faut savoir prendre les meilleures pour ne pas en occasionner d’autres.

Alors oui, en dehors des aspects inhérents au métier et qui incombe à chaque secteur d’activité, manager c’est d’abord prendre des décisions. Il est vrai qu’avec l’expérience, certains en sont parfois incapables, d’autres en abusent. Cette capacité est à mon sens un des témoins de la compétence. La capacité à prendre de bonnes décisions fait le bon manager.


À ceux qui en doutent, ce sont les décisions qui font avancer. Ce sont même parfois les décisions portées par l’intuition qui offrent les plus grandes satisfactions, en grande distribution les lots de satisfactions sont nombreux.

mardi 4 novembre 2014

Une question de bon sens




N’en déplaise à certains, la réussite en grande distribution reste encore réservée à quiconque qui a la hargne et la soif d’apprendre. Autodidacte ou diplômé, il est du ressort de chaque potentiel de gravir les échelons et d’y réussir. Dans ce métier tout est parfois question de bon sens.

Le commerce, dans sa définition la plus simple, consiste en l’achat de biens dans le but d’obtenir un profit. Ainsi commander un produit pour éliminer une rupture : c’est simple. Organiser une équipe pour remplir quotidiennement une même mission : c’est simple. Et bien gérer par-dessus tout un centre de profit grandissant : c’est tout aussi simple. 

Dans un métier de chef de rayon qui pourrait se résumer en la recherche constante de solutions, le bon sens a son parti pris. Les problématiques que chaque chef de rayon rencontre ne nécessitent en vérité pas de solides connaissances théoriques. Les logiciels sont là pour ça tant les moyens ont considérablement évolué depuis. Aujourd’hui, il suffit simplement d’être doté d’un esprit commerçant, de logique, d’empathie-client. Les connaissances intrinsèques au rayon s’acquièrent au fil du temps. Ce qui ne s’apprend pas sur les bancs de l’école, s’acquièrent en définitive sur le tas.

Avoir du bon sens c’est considérer ce qui est évident. Évidemment, ce qui peut être compris comme un sixième sens, relève sans doute d’une certaine maturité, d’une éducation, d’un tempérament. Quiconque en possède. Aussi, dans le commerce, le bon sens se traduit aussi par l’intuition. C’est une composante. Un peu comme toutes ces choses qu’on n’apprend nulle par ailleurs que sur le terrain. Déceler les choses, sentir son environnement, être doté d’un esprit logique en font partie. 


Certes, certaines connaissances théoriques apportent un vrai plus. La maitrise des chiffres, la capacité d’analyse, l’aspect psychologique du management, entre autres, sont des atouts indéniables. Mais comme dans chaque métier, il y a une part qui n’est pas inscrit sur un CV ou une lettre de motivation. 

samedi 1 novembre 2014

La patience comme seule certitude



La génération Y si prometteuse est-elle à la hauteur des attentes ? C’est la remarque, sous fond de pessimisme, que j’acquiesce en ouvrant ce mois de novembre - à la réputation souvent morose sur le plan commercial- par une humeur qui l’est tout autant.

Où sont donc les résultats ? Cette génération, à laquelle on prêtait tant d’espoirs et dotée a priori d’un fort potentiel peinent à sortir les crocs. Elle qui représente pour le moins plus de 40% de la population active, s’est-elle assagit ? Cette absence de résultat est-elle le symptôme d’un mal collectif ?

La jeunesse souffre encore. Le dernier wagon de la génération, les 20/30 ans souffrent encore trop fort de la crise dans laquelle on les a immergé à la sortie de l’école. Plus diplômé pourtant, la trajectoire sociale est en bel et bien en deçà de leurs aînés pourtant majoritairement moins diplômés. Un fossé générationnel s’est creusé entre une génération qui a pu connaître le plein-emploi et la croissance, et celle qui subit le système qui protège encore leurs parents. Chômage, dette, baisse du pouvoir d’achat et du niveau de vie, logement excessif, l’espoir n’est pas encore à l’horizon. C’est toute une génération qui aujourd’hui se sent sacrifiée. Une véritable frustration guette.

À qui la faute ? À l’évidence, celle d’un système au point mort, d’une France incapable de réformer. L’enjeu français n’est pas de préparer l’avenir mais d’abord de protéger ses vieux, celle dont tous les acquis sociaux lui ont été réservé. La France devient un pays qui soigne ses plaies.

Sur le terrain de l’entreprise, cette jeunesse est encore la variable dont les entreprises se servent. En France on forme allègrement des jeunes, mais on est incapable de les orienter vers des secteurs porteurs. Les métiers de demain ne correspondent aucunement à leur formation. Pas étonnant qu’ils désertent les entreprises pour créer leur propre emploi, quitte à sacrifier salaire et vie privée. Bref. L’expatriation, amorcé en partis par Erasmus, devient pour nombre d’entre eux une évidence. Si l’étranger n’est hélas pas un eldorado pour tous, la fuite des talents est un fait que la France n’essais pas d’endiguer. 

Cette génération n’est pas sacrifiée, certes, mais on lui a ôté l’espoir. L’espoir de croire en un avenir plus serein. Seul la patience prévaut pour cette génération. Alors attendre des jours meilleurs, oui, mais jusqu’à quand ? 

Qu’on se surprenne ainsi de leurs absences sur la scène constitue une hérésie. Si cette génération peut paraître plus silencieuse que prévue, c’est simplement parce qu’aucune place ne lui a été réservé. C’est un peu comme vouloir assister à un match de football qui est d’ores et déjà annoncé à guichets-fermés. 


Un seul mot d’ordre : patience.